Dans un train : Marseille-St-Charles à Bordeaux-St-Jean. Six heures de route entre le départ et l'arrivée. C'est la canicule à l'intérieur. Les passagers tentent de se rafraichir à l'aide d'éventails improvisés.
Alexis est Français. Il habite à Marseille depuis quelques années. Du haut de son grand appartement, situé près de la gare et donnant sur une rue bruyante et bandée de passants, il nous accueille. Alexis est ambigu face à Marseille. « C'est chaotique ici. C'est l'anarchie, quoi. » On lui répète : « Mais il fait toujours soleil ici et vos plages, elles sont magnifiques. » Lui, il aimerait tant venir visiter le Canada. Selon moi, le Canada et son gouvernement conservateur autoritaires ne sont pas à envier en ce moment. « On recule, Alexis, chez-nous, on recule. »
Ciel bleu infini rendant le coeur léger. Étincelles. Océan. Mer. Légerté. Bonheur.
Il y a aussi ce Marseille où on y retrouve des Gitans. De ces gens qui ne connaissent ni la sécurité ni l'assurance. De ceux qui ont comme synonyme de liberté un banc de parc ou un bout de trottoir. Souvent une mère, parfois un père avec dans ses bras un bambin. Ils demandent de l'argent et ils sont accompagnés de ce regard suppliant ou vide, que toi-même, tu n'oses pas regarder. Sentiment d'impuissance. Une vie si dure. C'est simpliste, mais j'ai toujours cru que tout le monde avait au moins droit à une vie ordinaire.
Il y a aussi ce Marseille où tu dois être aux aguets. « Vous n'êtes pas d'ici? » On te répétera systématiquement, du moins si tu es une jeune voyageuse, que tu risques de te faire voler tes trucs personnels. Pourtant, j'ai lu que le taux de criminalité n'était pas plus élevé dans cette cité de Provence qu'ailleurs en France. Comme si un léger sentiment de paranoia collectif régnait sur la ville.
Samedi, une ballade en scooter dans cette ville qui a fait mon coeur s'emballer. Un cliché de plus. Comme dans les films italiens ou français qu'on regarde depuis l'Amérique sur nos écrans de tivi géants.
Je suis toujours dans le train européen. J'arrive à Bordeaux. Le temps semble sans fin. Le retenir, pour ne pas le laisser partir. Par la fenêtre, un champs de tournesols comme paysage d'été. J'pense à Van Gogh.
En voyage, finalement, il faut se laisser pousser par le vent, se laisser vivre.
(T'es une touriste ou tu l'es pas.)
Belle photo la fille a l air impressionnée par la beauté du paysage,continue tu mets la douceur dans nos coeurs ...
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